Seriez-vous prêt à y faire face?

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Il existe encore, en 2015, des lieux de travail éloignés où les communications sont quasi inexistantes et où les secours pourraient mettre plus d’une journée à intervenir. Il est donc très important d’être préparé et formé avant d’avoir à réagir à un malheureux événement, loin des premiers répondants.La formation secourisme en milieu sauvage et éloigné s’offre en deux types de séances. Tout comme la formation en secourisme général, le temps de réponse des premiers répondants détermine la formation dont vous avez besoin.

La formation de 20 heures vous permet d’offrir des soins prolongés à une victime pour une durée de 8 heures. La formation de 40 heures, quant à elle, vous permet d’acquérir les outils et les notions nécessaires pour offrir des soins prolongés de plus de 24 heures.

La limite entre secourisme et soin se situe dans l’intervention à effectuer. Si les secours se présenteront rapidement, sur un événement concernant une plaie par exemple, le secouriste applique un simple bandage sans penser à la prévention des infections. Même chose du côté d’une fracture, le secouriste installe simplement une attelle et n’a pas à détecter si la fracture comprime une artère. Le succès de l’intervention du secouriste repose sur sa capacité à préserver la victime et ainsi, donner les meilleurs outils aux premiers répondants qui prendront le relais.

ÊTRE PRÉPARÉ

Dans un cas de sauvetage en milieu sauvage ou éloigné, l’emphase est mise sur l’intervention, l’organisation de celle-ci et la préparation des secouristes.Être préparé diminue le stress et permet de mieux agir. Il est important de mettre tout en œuvre pour sauver la victime. Par contre, votre sécurité, celle du secouriste, doit primer. Par exemple, sauter dans une rivière avec un fort courant pour porter secours pourrait vous faire courir un grave danger. Également, il faut tenir compte du problème envahissant du stress. Un secouriste doit avoir une bonne gestion de stress de manière à ne pas être aveuglé par celui-ci et ainsi prendre de mauvaises décisions et perdre des minutes précieuses.

Nombreux sont les événements qui pourraient arriver et il est important de prévoir l’imprévisible.

  •    •     Pourrions-nous être attaqués par un ours?
  •    •     Et si un arbre nous écrasait lors d’une opération?
  •    •     Est-ce qu’une tempête de neige pourrait empêcher notre évacuation?
  •    •     Devrions-nous bâtir un campement pour la nuit étant donné le délai d’évacuation?
  •    •     Quel serait notre plan d’urgence?
  •    •     À quel endroit et par quel moyen pourrions-nous être évacués plus rapidement?

Il est important d’envisager le suivi à long terme de la victime.

  •    •     Est-ce que cette blessure à la tête pourrait évoluer en commotion cérébrale grave?
  •    •     Est-ce que cette mauvaise fracture comprime une artère mettant en danger le membre fracturé de la victime?
  •    •     Est-ce qu’il a une hémorragie? Dois-je faire un garrot?

« On m’a déjà raconté un sauvetage chaotique qui témoigne que le plan d’urgence et la préparation sont la clé du succès d’un sauvetage réussi. Lors d’une opération en forêt en VTT, un employé se blesse au bassin et doit être immobilisé. Son coéquipier part donc à la recherche des secours, se disant que cela serait rapide puisqu’il se trouve qu’à quelques kilomètres de la ville. Cependant, ce dernier se perd en tentant de rejoindre la ville. Il aura fallu près de 14 heures pour effectuer le sauvetage de l’employé blessé. Si un plan d’urgence avait été mis d’abord en place (préparation, planification, évacuation, etc.), un temps considérable aurait été sauvé. L’efficacité d’un sauvetage se définit par le temps de réalisation de celui-ci», soutient notre formateur et expert en secourisme, Érick Duchesneau.